Faire pour Comprendre

Faire pour Comprendre

 

Nous ferons pour comprendre, est, je crois, la meilleure traduction de la célèbre phrase prononcée par les Hébreux au mont Sinaï. En tout cas, elle me plait plus que « Nous feront et nous comprendront » car la première formule induit une volonté, un objectif car on sait pourquoi il faut « faire » alors qu’il y a une forme d’attente passive dans la seconde traduction même si elle est peut-être plus juste grammaticalement.

 

Ils ont dit « nous ferons », tous ensemble, et ce n’est pas chacun qui a dit « je ferais ».

 

En tant que non-juif, je suis interpelé par cet engagement, et si Israël est une Nation de Prêtre, c’est-à-dire d’enseignant, je me dois de m’inspirer d’eux. Or leur premier engagement est une invitation à l’action. Ces actions devant servir à me construire selon moi, et c’est cette construction qui me permettra de comprendre.

 

Bon d’accord, mais c’est quoi « faire » ?

 

Selon ma conception, faire, c’est dépasser son intérêt personnel pour agir dans l’intérêt collectif.

C’est, pour moi non-juif, donner la priorité à l’investissement dans la création et le fonctionnement de communauté plutôt que ne m’occuper que de ma petite personne. Hélas, une grande majorité de non-juif préfère attendre pour agir d’être « prêt » c’est-à-dire qu’ils mettent en avant leurs soifs d’études, d’enseignements, de reconstructions, de « tikoun » avant de penser à s’investir dans quoi que ce soit.

 

D’après moi, ils veulent comprendre avant d’oser faire !

 

C’est-à-dire : « Nous comprendrons et seulement après, nous ferons … peut être … »

 

C’est tout le contraire du choix que j’ai fait et je suis conforté dans mon choix par de nombreux Rav qui m’encouragent et me guident dans l’investissement dans cette dimension collective.

 

Je fais, mal parfois, et souvent sans tout comprendre, mais je fais, et ça me construit.

 

J’ai l’intime conviction que l’absence d’engagement de nombreux non-juifs tient pour une part à une inquiétude, voir une peur, qui peut être fondé par de mauvaises expériences ou un manque d’assurance et pour une autre part, à une approche « consommatrice » de la Torah ou l’intérêt principal est «se faire plaisir » en « kiffant » tout ce qu’on écoute et apprend.

 

Vous me trouverez peut-être sévère voir injuste et …c’est possible …. Mais j’ai écrit ce texte pour inviter chaque lecteur à dépasser cet intérêt personnel, indispensable et légitime, mais insuffisant pour être le partenaire d’Israël dans la réparation du Monde.

 

Pascal HENRI

 


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